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DE LA BELLE MÉCANIQUE TOUT EN BOIS FRUITIER !
« Pour me trouver, ralliez-vous à mon enseigne ! Impossible de la manquer. » Non sans humour, Michel Robillard évoque l’antenne relai téléphonique située à une centaine de mètres de son domicile. « Une erreur, une tâche dans le paysage. On dirait une Tour-Eiffel en modèle réduit. » Un clin d’œil (involontaire) de la technologie à un artiste qui reproduit à l’échelle 1/10e – voire 1/5e – des voitures, des motos, des bombardiers d’eau…

À quelques kilomètres de Sennevières, Michel Robillard s’est installé là en 1978 et à ouvert une scierie. En 1990, elle ferme ses portes. A bout de souffle et le « dos broyé », il se lance huit ans plus tard dans la réalisation de maquettes en bois : « j’avais du stock d’avance ». Des voitures essentiellement : le taxi de la Marne, les 2 et 4 CV, la Traction avant, la Coccinelle, la Lincoln, la Bugatti royale, un quad, une (moto) Ducati 916, une Harley-Davidson. Des pièces uniques, tout en bois fruitier : poirier, noyer – « pour les parties noires comme les roues » -, cerisier, abricotier, pommier. Les résultats sont étonnants de vérité et de (petits) détails.

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Pour le maquettiste, « c’est une passion et sans doute un don ». Le don de transformer en modèles réduits des véhicules de rêve, avec toutes leurs particularités. « Je pousse la plaisanterie jusqu’à réaliser, sur certains modèles, les pièces moteurs comme les caches culbuteurs, les pistons, les lames de ressort, les roues à rayons (« chacune d’entre elles nécessitent une journée de travail ») ou encore l’usure des sièges. » Un vrai travail de précision et d’orfèvre, avec de temps à autre la consécration : une médaille d’or en 2004 au mondial de la maquette porte de Versailles. Ou encore Jean Todt qui souhaite exposer, à Maranello (Italie), la Ferrari V10 de 2002 (pilotée par Michael Schumacher) reproduite par Michel Robillard.
Un must !

« Chacune de mes réalisations demande entre trois et quatre mois de travail, explique-t-il. Voire un an pour la plus grande. » Un truck américain. Une dépanneuse composée de plus de mille pièces : « tout est fonctionnel. Les roues et le volant tournent, les portes s’ouvrent… » Michel a le souci du détail. Aussi petit soit-il. « Pour chaque modèle, je pars d’une maquette plastique ou acier trouvée dans le commerce. Au 43e ou au 18e. Je la monte, ensuite je recalcule les cotes et refais tout à l’échelle (…) Le plus difficile c’est de toujours travailler dans le fil du bois. Le reste n’est que conception, assemblage et coups d’œil. » Savoir-faire surtout !

Travaillant sur commande ou aux coups de cœur pour tel ou tel véhicule ancien – « mon rêve, ce serait de monter un musée dédié aux modèles réduits. Peut-être l’an prochain » – Michel Robillard (maintes fois primés à des salons) essaie de vivre de sa passion : « pour chaque modèle (unique), il faut compter entre 1 500 à 2 000 euros. Comme je n’en vends pas tous les jours, je réalise aussi des roulottes (grandeur nature). Essentiellement pour les gens du voyage. » Avec là aussi, et toujours, le souci du détail. « Du petit plus qui fait la différence. »

Une première mondiale !
Si Michel Robillard a toujours sur son établi un modèle en cours de réalisation – « je travaille sur une Harley-Davidson, en maquette, que je voudrais offrir à Johnny Halliday » – il a aussi sur le feu un modèle plus conséquent : une 2 CV (modèle 1953) à l’échelle 1. Autrement dit grandeur nature. « Elle aura pour base un châssis rigide et un vrai moteur Citroën. Tout le reste sera en bois : les sièges, la carcasse, le volant et même la capote. Elle pourra donc rouler. » Ce sera une première au monde. « Je l’aurai terminée pour juillet 2011 et la concentration mondiale de 2 CV, de Salbris (41) où elle sera exposée. » Nul ne doute qu’elle fera parler beaucoup d’elle et de son concepteur.

P1140815Jean-Philippe Quinery

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