Bugatti Royale type 41

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La Bugatti Type 41 dite Bugatti Royale est une automobile de la marque Bugatti, construite à partir de 1926 à six exemplaires par Ettore Bugatti et son fils Jean Bugatti. Voiture la plus luxueuse de la marque, réservée de par son prix aux monarques et à l’élite, elle coûtait 660 000 francs d’époque, soit environ 6 fois plus qu’une Rolls-Royce ; elle surclassait largement les Hispano-Suiza et autres Duesenberg.
Ettore Bugatti avait prévu de produire 25 voitures et de les vendre à l’aristocratie. Mais l’aristocratie européenne ne put acheter un tel véhicule, subissant des difficultés financières dues à la Grande Dépression de 1929. Bugatti ne vendit que trois des six voitures produites.
De nos jours, une Bugatti Royale est considérée comme l’une des voitures les plus imposantes et les plus rares au monde.

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Derrière cette marque prestigieuse se cache un homme d’exception. Ettore Bugatti, de son vrai nom Ettore Arco Isidoro Bugatti, voit le jour le quinze septembre 1881 à Milan, dans une famille d’artistes. Ses gênes le poussent vers une incessante quête du beau. « Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher » telle est la devise du patron.

Cet ingénieur inventif s’intéresse dès son plus jeune âge à l’automobile naissante. En 1901, il construit sa première voiture, la Type 2, et décroche une médaille à l’exposition automobile internationale de Milan. Suite à cela, il se fait engager par le baron de Dietrich avec lequel il collabore jusqu’en 1904, date à laquelle il se lie avec Emile Mathis. En 1907, il se brouille avec Mathis et entre dans la fabrique de moteur à gaz Deutz qu’il quitte deux ans plus tard. Mais Ettore Bugatti n’en reste pas là. Dans son sous-sol, il met au point la Type 10. Plus légère que ses devancières, munie d’un petit châssis, d’un quatre cylindres à soupapes en tête et d’une transmission par arbre, elle est le premier pur-sang Bugatti.

Dans la foulée, et avec l’aide d’Augustin de Vizcaya, un banquier espagnol habitant l’Alsace, Ettore Bugatti s’installe fin 1909 à Molsheim dans les locaux d’une ancienne teinturerie. C’est là que s’ouvre, le premier janvier 1910, l’usine où il commence à construire la Type 13, une version améliorée de la Type 10.

A cet instant, une légende naît. Les constructions extraordinaires d’Ettore Bugatti, et par la suite de son fils Jean, mêlent exigence artistique, beauté, luxe et performance technique. Cette légende perdure aujourd’hui et repose sur des valeurs intimement liées à la marque. L’élégance, la puissance, l’exclusivité, la qualité et une ligne extraordinaire se rejoignent dans la marque Bugatti. Les automobiles élaborées sont à la synthèse de l’art et de l’esthétisme. Ces véhicules sont également réputés pour leur légèreté, et ce depuis l’ouverture de l’usine en Alsace. Depuis cent ans, la marque Bugatti provoque l’émerveillement des passionnés ainsi qu’une joie intense et sans limite pour les heureux propriétaires.

IMG_1350_crLa Royale, une légende inégalée

Certes la compétition est importante, mais le prestige n’est pas en reste. Ettore Bugatti rêve de construire la voiture la plus extraordinaire de tous les temps. En 1926, il lance la Type 41, mieux connue sous le nom de la Royale. Cette voiture est destinée à devenir une voiture d’Etat. Seulement six authentiques Royales sont produites. Avec ses huit cylindres de 12,7 litres, ses 300 chevaux, ses roues de un mètre de diamètre, son empattement de 4,57 mètres, ses trois tonnes pour l’ensemble, la démesure est atteinte. Toutefois, cette débauche de luxe est un échec commercial. Malgré tout, la Royale n’en constitue pas moins une voiture de légende inégalée.

Jean Bugatti, le troisième enfant d’Ettore, travaille très tôt au côté de son père au bureau d’études de l’usine et se révèle rapidement « doué d’un immense talent de dessinateur » en esquissant des carrosseries particulièrement élégantes destinées à habiller les châssis Bugatti ; il fait également preuve du même génie que son père en mécanique en contribuant à l’innovation des voitures produites. De cette union entre Ettore et Jean nait l’extraordinaire Bugatti « Royale », une Bugatti de 12 763 cm3 de cylindrée, 300 ch et 500 000 Francs. Si l’automobile est un échec commercial, les six exemplaires construits n’ayant jamais été acquis par la clientèle royale à laquelle elle se destinait, elle constitue en revanche « sur le plan technique et esthétique, l’une des plus grandes réussites de Bugatti »

Aujourd’hui encore, il est considéré comme un des pionniers de l’automobile. Ettore Arco Isidoro Bugatti, tel est son nom complet, est né le 15 septembre 1881 à Milan. Agé de 17 ans, il commence une formation chez Prinetti & Stucchi, une fabrique de cycles et tricycles. Il y fabriquera au coursP1140834_cr des années suivantes son premier tricycle motorisé, équipé de moteurs De-Dion. En 1900, il fabrique, avec l’appui financier du conte Gulinelli, sa première automobile. Elle est si remarquable qu’elle lui vaudra un prix sur une exposition de renom à Milan. L’année suivante, il déménage et s’installe à Niederbron, en Alsace, où le fabricant De Dietrich, enthousiaste des productions d’Ettore, lui confit la responsabilité technique pour la construction de sa production automobile. N’ayant pas atteint l’âge de la maturité, c’est son père Carlo Bugatti qui signera, ce 2 juillet 1902, le contrat d’embauche. Jusqu’en 1904, Ettore Bugatti développera de nouveaux modèles et participera à diverses courses automobiles. Après avoir quitté la société De Dietrich & Cie, il occupera diverses responsabilités dans le secteur de la construction automobile.

1907 est une année charnière dans la vie d’Ettore Bugatti. Il épouse Barbara Maria Guiseppina Mascherpa, avec laquelle il aura quatre enfants, deux fils et deux filles. Le 1° septembre, il signe pour travailler chez Deutz Gasmotoren-Fabrik, à Cologne. Dans sa cave, à Cologne-Mülheim, Bugatti développe un véhicule très léger qu’il produira plus tard sous son propre nom. Il quitte Deutz prématurément en 1909 avec une indemnité et prend à bail à Molsheim, en Alsace, les locaux vides d’une teinturerie. La production du modèle T13 débute et se développera continuellement au cours des années suivantes. Pour le compte de Peugeot, il développe le Bébé-Peugeot, d’autres licences seront concédées à Rabag (Düsseldorf), Diatto (Turin) et Crossley (Manchester).

Le début de la Première Guerre mondiale est un tournant : la famille Bugatti s’exile à Milan, puis Paris où Ettore Bugatti travaillera à la mise au point de moteurs d’avion 8 et 16 cylindres. A l’issue de la guerre, il retourne à Molsheim, (qui entre-temps est redevenue française) et ouvre une fabrique sur l’ancien site. Bugatti produit d’autres modèles sportifs légers et en 1920, il peut célébrer ses victoires en 1920 et 1921 aux 24 heures du Mans et quatre victoires à Brescia. Ce n’est que le début d’une série qui verra en 1925, en l’espace de seulement neuf mois, de nombreuses victoires, (412 selon la méthode de calcul toute particulière d’Ettore Bugatti). Au début des années 30, Ettore Bugatti commence à construire des autorails équipés des moteurs du modèle Royale. En 1934, commence la production du modèle Type 57 avec la carrosserie dessinée par Jean, le fils d’Ettore.

Deux ans pluIMG_163922_crs tard, une grève générale sur le plan national paralyse la production à Molsheim. Déçu par les ouvriers et frustré par le poids de ses dettes, Ettore Bugatti déménage pour Paris. La gestion de l’usine automobile est confiée à son fils Jean. Avec le début de la guerre, le parc de machines est transféré à Bordeaux. En 1939, Jean, son fils, trouve la mort lors d’un accident automobile. Par la suite, Ettore Bugatti est contraint par les occupants allemands à vendre son usine. Après la mort de sa première femme, Ettore épouse en secondes noces Geneviève Marguerite Delcuze en 1946. Elle lui donnera un fils et une fille. Le 21 août 1947, Ettore Bugatti décède à Paris.

événement lié : Saga Bugatti La première Bugatti commercialisée est la Type 13, un dérivé de la Type 10, dont la production démarre en 1910. Au salon de Paris, elle connaît un vif succès dû à une technique avancée et innovante. Dès l’année suivante, la voiture remporte ses premiers succès en compétition. C’est également en 1913 qu’Ettore signe un contrat avec Peugeot pour la fabrication sous licence de la Type 19, qui deviendra la Bébé Peugeot. Avec la réussite que l’on connaît puisqu’elle sera de loin le modèle (d’origine) Bugatti le plus diffusé.

Après la Première Guerre mondiale, l’usine de Molsheim est rouverte dans une Alsace redevenue française. Le 13 confirme son succès. Elle est maintenant dotée d’une culasse à 16 soupapes, ainsi que ses dérivés, les Types 22 et 23. En 1922, apparaît la première huit cylindres commercialisée, la Type 30, qui reçoit des freins hydrauliques. Deux ans plus tard, débute la carrière de la Type 35 au volant de laquelle pilotes d’usine et privés iront de victoire en victoire.

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Les six exemplaires de la Bugatti type 41 « Royale »
3.1 41.100 – Coupé du patron puis Coupé Napoléon
3.2 41.111 – Roadster Esders puis Coupé de Ville Binder
3.3 41.121 – Cabriolet Weinberger
3.4 41.131 – Limousine Park-Ward
3.5 41.141 – Coach Kellner
3.6 41.150 – Berline de Voyage

La Bugatti Royale a été construite à six exemplaires, dont seulement trois furent vendus du vivant d’Ettore Bugatti. Elle est dotée d’un moteur d’une cylindrée de 12 763 cm3 pour 300 chevaux et coûtait à sa sortie 500 000 francs.
« Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher » disait Ettore Bugatti, dont la Bugatti Type 41 constitua l’aboutissement de ses rêves de luxe.

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Bugatti Type 41 Royale
Bugatti Type 41 Coupé Napoléon
Marque Bugatti
Années de production 1926-1930
Production 6+1 exemplaires Classe Limousine
Usine(s) d’assemblage Molsheim Moteur et transmission
Énergie Essence
Moteur(s) 8 cylindres
Position du moteur Longitudinal avant
Cylindrée 12763 cm3
IMG_164027_crPuissance maximale estimée à 300 ch (223.7 kW)IMG_164137_cr
Transmission Propulsion
Boîte de vitesses 3 vitesses manuelles
Poids et performances
Poids à vide 2500 kg
Vitesse maximale 200 – 205 km/h
Consommation mixte 30 – 60 L/100 km
Châssis – Carrosserie
Carrosserie(s) coach,limousine,coupé

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