Les maquettes, un vrai jeu de patience !

Les_maquettes_un_vrai_jeu_de_patience_crPASSION : Michel Robillard travaille à l ‘entretien dans une usine de métallurgie à Loches. Menuisier de métier; il s’est pris de passion pour les maquettes, qu ‘il réalise entièrement en bois.

La passion de Michel Robillard pour les modèles réduits a débuté n beau jour de 1993. Possédant des bâtiments dans son jardin it Sennevières. il héberge pendant quelques temps une Traction que son propriétaire envisage de restaurer un jour. Durant l’hiver, Michel Robillard décide de prendre son crayon. Un mètre et commence à relever les cotes et dessine la Citroën au 1/10e. D’objets qu’iI restaure, il va entrer petit à petit dans le monde du modèle réduit.
Ses modèles favoris sont ceux des années cinquante, parce qu`el1es avaient des galbes. Ce sont des formes difficiles a faire. C’est ainsi que 2CV, 4CV, Coccinelle, Bugatti Royale naissent des blocs de bois.
Son modèle préféré reste une antique guimbarde, la Bianchi «  car c’est le début de l’automobile. En 1906, pour la créer, les ingénieurs avaient posé un carrosse sur un châssis motorisé. Tout est suspendu par des ressorts à lame que j`ai dû reconstituer. ››
500 heures de travail pour une Traction
Pour réaliser ses modèles. Michel Robillard part d’un bloc de fruitier. « Je préfère les bois nobles. car une fois polis. ils sont très beaux. il y a beaucoup de veines. Cela ajoute a la difficulté car je ne peux pas travailler le bois dans n’importe quel sens. »

Puis il dessine un patron pour chaque pièce du modèle, la trace il la main et commence la taille. a Le ponçage se fait à plus de 70% à la main. Chaque pièce du modèle est unique et prend du temps. Par exemple. Une roue me demande une journée de travail. Pour une voiture ancienne qui a deux roues de secours. cela me prend presque une semaine ! La difficulté est également dc respecter la symétrie. ›› Et quatre à cinq cents heures plus tard. le modèle est achevé !
A l’occasion du salon de la maquette et du modèle réduit de Paris. Des motards lui soumettent l’idée de s’attaquer aux deux-roues. Michel Robillard aime la difficulté, il va être servi ! Le temps passé sur une moto est multiplié par deux par rapport à une voiture et le total des pièces de bois s’é1eve à près de 500 par modèle. Il reste dans le classique des motos mythiques. La première sortie des tours et des cales à poncer est une Ducati 916 dont il a enlevé le carénage pour que l’amateur puisse profiter des détails comme la culasse ou le radiateur. Après la fougueuse italienne, viennent le tour des Américaines mythiques, les Harleys. Puis pour compliquer et varier les plaisirs, l’Electra Glide accompagnée de son side-car. La difficulté technique donne le vertige. Les câbles de frein et d`embrayage sont taillés à 3 mm de diamètre. Puis. il sont trempés dans l’eau et cintrés. La bulle. réalisée avec du plexiglas est posée sur un gabarit et placé dans le four familial. «  ll faut régler la température de manière à ce que le PVC fonde et s’aligne sur le gabarit, sans qu’une trop forte chaleur fasse cloquer le plastique ››, détaille Michel Robillard. Souci du détail, la sellerie est issue d’une autre essence de manière in rendre l’aspect foncé du cuir d’origine. idem pour les bords des rétroviseurs et des fonds de compteurs. Une roue compte 98 pièces avec le pneu, le système de freinage, les rayons…
Une opiniâtreté bien récompensée Michel Robillard accumule les titres et récompenses : médaille des villes de Saint-Aignan et Decizc (Nièvre), médaille d’argent en 2002 et médaille d’or en 2004 du Mondial de la maquette, pour la Harley et son side-car.

Le prochain objectif pour Michel Robillard serait de fabriquer un trike (moto à trois roues), le genre d’engin à mi-chemin entre la voiture et la moto, une chimère composée de l’arrière d’un dune buggy et de l’avant d’une moto avec une fourche de deux mètres de long. Le plus dur serait d’avoir les plans. On n’en trouve pas en France.
En attendant, ce maquettiste acharné qui vient de terminer la Ferrari F1 de Schumacher, capot moteur enlevé pour voir les détails des cylindres, ne rêve que de la faire signer par le champion allemand. La place est déjà prévue sous le bas de caisse. La Ferrari patiente pour le moment sur la vitrine. Il ne lui manque que la parole.

François Fromentin

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